Sortez vos luges!

La neige a fondue, certes. Mais il n’empêche, le dernier article de Mère Bordel m’a bien donné envie de vous parler du jour où j’ai vu une ampoule s’allumer au-dessus de la tête de MC.

La scène se passe il n’y a pas si longtemps, par un beau matin d’hiver. Dans la maison, pas un bruit sinon le doux ronflement de mon bienaimé. Quand soudain, un cri vient déchirer ce silence matinal.

« Bouhaaaaa !!!!! »

C’est l’appel du biberon. Tout hoquetante, Orangette essaie de nous amadouer à force de sanglots bien maîtrisés.

 » ‘tain, fait chier! », me murmure tendrement mon dulciné à l’oreille. Puis se tourne, se rendore et reronfle, pendant que la fistone s’époumone.

Ni une ni deux, mon sang de maman ne fait qu’un tour, et d’un pas sur et alerte je m’élance à la rescousse d’Orangette, avant qu’elle ne réveille toute la maisonnée.

« Maaaaaaaaman! Maaaaaaaaman! Caca couche! Maaaaaaaman! Piti Napin, tratopelle, chario lévateur, moineuse bateuse, noiture, camion pompier! »

Bon, c’est raté. Petit gris a pris le relai de sa soeur et j’en ai pour la matinée à passer en revue tous les véhicules à moteurs. Yiha!

J’en prends un sous chaque bras et descends, toute guillerette ( » ‘tain, l’aurait pu se lever quand même screugneugneugneu… ») pour prendre le petit déjeuner dans la joie et la bonne humeur, telle la famille Ricorée.

Quand mon regard s’égare par la fenêtre.Dehors, le soleil brille, les oiseaux chantent, le jardin est recouvert d’un blanc manteau de neige, et nous pouvons apercevoir ça et là les traces délicates laissées par quelques écureuils égarés…

« yihi! La neige! La neige! »

Non, ce n’est pas Petit gris, c’est MC qui s’est finalement levé (mauvaise langue que je suis) et nous rejoint dans la cuisine.

– oui, t’as vu, c’est chouette, hein! On va pouvoir faire faire de la luge à Petit gris!

– ah ben oui, sauf qu’on n’a pas de luge…

Et là, j’ai vu une ampoule s’allumer au-dessus de la tête de MC. Si si, pour de vrai, comme dans les dessins animés! Il a levé le doigt d’un air inspiré et il a dit:

– je sais. Bouge pas, je reviens.

Puis il a disparu dans le sous sol. On a entendu des bruits de coups, de scie, de râpe, de ponçage, de jurons, et une demi heure après, il a réaparu, tout fier, avec ça:

image

Un siège vélo monté sur la planche de son snow-board. Si ça n’était pas déjà le cas, je crois bien que je serais tombée amoureuse de lui ce jour là! Enfin bref, on s’est payés des bonnes tranches de rire ce dimanche là, d’autant que Petit Gris n’est pas le seul à avoir installé ses fesses sur cette luge improvisée…

image

image

Et vous, elles ressemblaient à quoi vos luges improvisées?

Publicités

Congés forcés

image

Je ne peux pas dire que j’ai été ravie de l’appel de Dame Tartine mardi matin. Ni de son message un peu plus tard dans la matinée, qui m’annonçait 2 jours d’arrêt maladie. Pas d’autre mode de garde à l’horizon… 2 jours de congés à poser, donc, que je ne pourrai pas utiliser à un autre moment, que j’aurais pu choisir celui-là.

Et puis au final, une petite parenthèse que la météo nous aurait de toute façon imposée. J’ai du aller récuperer MC à la gare du village d’à côté, coincé plus d’1h30 dans un train qui ne pouvait plus avancer. La parenthèse fut donc familiale, et bon sang qu’elle fut bonne! De ces petits temps où l’on a rien d’autre à faire que de profiter d’être ensemble et de se délecter de cette absence totale de contraintes (hormis celle d’être coincés chez nous, s’entend!). Au programme, compet’ de la meilleure flambée en cheminée, siestes (oui oui, au pluriel!), lecture sur canapé (ah, le bonheur!), bataille de farine dans la cuisine (pas ma faute, c’est Petit Gris qu’à commencé!), tartinage de crêpes, course aux bulles de savon, vélo sur neige, brouette sur neige, fendage de bûches (rapport aux flambées, forcément… MC a toujours aimé faire son bûcheron!)…

Bref, du bonheur en barre qu’on n’avait pas vraiment vu venir, et qui donne envie de remettre ça!

Back!

Le week-enImaged dernier, c’était le Nouvel An Chinois. L’occasion rêvée pour sortir la tête du trou et bien démarrer la nouvelle année.

J’étais en train de regarder tout à l’heure un chouette montage photos élaboré par Soony, l’une des adorables tatas de mes enfants. Sur fond de jolie musique, c’était plein de sourires, pleins de regards, plein de joie, plein soleil. Et tout ça c’était chez moi, le week-end dernier. Et c’est à peine si je m’en était rendue compte, tout empêtrée que j’étais à gérer mes états d’âme face aux humeurs de MC et Beau Papa (qui s’en débrouillent pourtant très bien tous seuls) et la gestion de la maisonnée avec une Solidar’Bande fort élargie pour l’occasion. Et ça m’a fait comme un déclic. J’ai l’impression d’avoir hiberné pendant 2 mois et de me réveiller un peu brutalement, mais pleine de vie. 2 mois que je suis maussade, bougonne, que je me traine et que je râle. 2 mois que je suis fatiguée, tout le temps, et surtout de tout. 2 mois que je n’ai pas une once d’énergie et que je me vautre dans cette apathie. Bon sang, 2 mois c’est long quand même, et j’ai la vague impression que ça me fait ça tous les hivers. Il va falloir que je reprenne la luminothérapie!

En attendant, là, maintenant, je suis pleine d’envies.J’ai envie de donner de grands coups de balai. J’ai envie de nouveaux projets. J’en envie de voir les amis. J’ai envie d’avoir envie. Et ça, c’est déjà un sacré changement!

Alors une très bonne année du serpent à vous! Quoiqu’on en dise, ce sera une année « mordante », c’est beau Papa qui l’a dit!

PS: Photo du Nouvel An… un jour je vous raconterai peut-être, les préparatifs, l’ambiance familiale, les traditions et surtout, surtout, tous ces plats plus fastueux les uns que les autres!

PPS: Aurez-vous reconnu le fruit qui essaie de cacher la bougie?!!

Et enfin, prendre le temps…

Vacances terminées, et me voilà de nouveau dans le train, après un réveil trop matinal, en route pour Paris et une nouvelle journée de boulot. Et mes pensées vagabondes…

image

Il y a un an, un bébé de 7 mois était bien installée au creux de moi, et je ne reprenais pas la route du travail, mais je restais au chaud, à la maison, à préparer, enfin, son arrivée, en bénissant ce temps qui m’était offert.

Ce temps qui manque trop souvent, c’est celui que nous avons pris pendant les vacances. Le temps de ne rien faire, sinon d’être ensemble.

Le temps de regarder les enfants grandir, et se rendre compte qu’ils ont grandi bien plus qu’on ne le pensait.

Le temps de les regarder jouer, et se rendre compte de tout ce qu’ils savent faire déjà, et nous qui ne le savions pas.

Le temps de les regarder vivre, et se rendre compte de combien ils sont merveilleux ces enfants, toujours rieurs, toujours de bonne humeur.

Le temps de les regarder aller, main dans la main, avec leurs grands parents, et se rendre compte des liens si forts qui sont déjà là.

Le temps de passer du temps ensemble, et de se rappeler combien il est bon ce temps passé à leurs côtés…

Premières fois

image

J’aime bien les premières fois. J’aime bien ces petits moments qu’on sait précieux, parce qu’on les a attendus, et parce qu’on sait aussi que d’autres suivront. J’aime bien tous ces instants qu’on essaie de photographier, pour les garder en mémoire, bien au chaud dans nos souvenirs. J’aime bien me dire que toutes ces premières fois construisent notre album de famille, et qu’on se renforce aussi de toutes ces premières fois.

Ces derniers jours ont été pleins de premières fois, et ça c’est chouette!

– Premier tour de manège pour Petit Gris. Au détour d’une balade rennaise, il a fait son baptême de l’air dans un petit avion jaune comme le tracteur de son grand-père.
– Premières dents pour Orangette! Ça y est, la petite dentelle est là, qui vient décorer son joli sourire!
– Premier pot pour Petit Gris. Oui, je sais, c’est un peu trivial, mais tellement important dans la vie d’un petit qui commence à devenir grand…
– Premières pâtisseries pour Petit Gris, futur chef cuistot à n’en pas douter, vu sa grande dextérité pour verser les pots de yahourts dans le saladier (j’avais essayé l’option cookies le we dernier, et je comprends mieux maintenant pourquoi rien n’est jamais venu détrôner le gâteau au yahourt dans les salles de maternelles!)
– Premier biberon avalé comme une grande par Orangette, qui a insisté pour le tenir toute seule avec ses petites menottes (en même temps avec ses pieds c’aurait été un peu compliqué). Si c’est pas le début de la liberté, ça!

Je relis tout ça et je me dis qu’on a passé de jolis moments ces derniers temps. Et je me dis aussi que toutes ces années à venir seront encore ponctuées de premiers fois, et ça c’est bon…

Addict

image

Hier, je suis rentrée trop tard pour le bisou du soir, pour l’histoire, pour chercher la lune avec les enfants. Ca n’était pas prévu, je ne m’y étais pas préparée. Je n’ai pas eu mon shoot quotidien de bébé et c’est fou comme ça m’a manqué.

Je n’ai pas résisté: avant d’aller me coucher, je me suis glissée dans la chambre d’Orangette pour la regarder dormir et respirer un grand coup cette odeur de bébé. Je crois que je suis accro.

Chercher la lune

Du haut de ses 2 ans et 8 mois, Petit Gris commence tout juste à parler. Entendez par là qu’il commence à aligner plus de deux mots d’affiler, et surtout à associer sujet + complément voire sujet + verbe + complément!

Il y a quelques semaines, un jour de mauvais temps, il m’a accueilli à la porte de Dame Tartine en me montrant le jardin du doigt et en disant « il pleut dehors ». Sa première phrase, whaou! Et depuis, il fait des efforts incroyables pour aligner les mots. Il s’entraine, il répète, il s’efforce. Souvent encore il bute sur les sons qui ne sortent pas comme il veut, souvent les mots s’emmêlent. Chaque fois il réessaye, chaque fois il recommence. Il est pugnace, mon fils (oui, je suis en mode un peu fière, ce soir!).

Mais il est un mot sur lequel sa langue ne trébuche pas.  Il est un mot qui le fascine et qu’il répète avec tant de plaisir, qu’il fait tourner dans sa bouche, encore et encore, avec gourmandise, comme on savoure doucement un bonbon.

La lune. Ce mot, il l’aime tellement qu’il a vite cherché à décliner dans plein de phrases différentes. Chercher la lune. Trouver la lune. Cachée, la lune…

Et depuis, tous les soirs, il nous demande de chercher la lune. C’est devenu une partie de son petit rituel d’avant dodo.

Ce soir, je suis rentrée bien plus tard que prévu au bout de mon bois. Trop tard pour pouvoir embrasser Orangette et Petit Gris, trop tard pour pouvoir leur lire une histoire, trop tard pour chercher la lune.

Mais ce soir, sur le chemin du retour, quand j’ai levé la tête, il y avait une lune magnifique. Et tout à coup, c’est un peu comme si Petit Gris avait été à mes côtés.

Dépassée

Depuis que je suis maman, je me suis souvent remise en question, par rapport à mes choix, mes attitudes, mes réactions dans certaines situations. Mais je ne me suis encore jamais sentie dépassée.

Depuis que Bourricot a rejoint notre fine équipe, c’est une autre histoire.

Il y a des jours, des semaines où tout se passe bien. C’est un garçon plutôt gentil, plutôt serviable, intelligent, discret. Il participe à la vie de la maisonnée, fait sa vie de lycéen, semble se prendre en main, ramène de sacrés bonnes notes à la maison. Il est fier de lui dans ces cas-là, et il a bien raison.

Et puis tout à coup, tout dérape. Un matin, sans prévenir, pas de Bourricot. Bourricot est sous sa couette, Bourricot reste dans son lit. Et on le retrouve à 17h, émergent à peine, l’œil brillant, la paupière lourde. Parce qu’il n’a pas envie d’aller en classe. Parce qu’il n’y arrive pas, c’est plus fort que lui. Parce que quel que soit le discours qu’on peut lui tenir, il y a des jours où il est envahit d’une fatigue si lourde à porter qu’il est incapable de se lever.

C’est arrivé une fois et on en a parlé. C’est arrivé deux fois et on l’a secoué. C’est arrivé trois fois et on s’est énervés.

Mais là, cette fois, j’avoue que je me sens un peu dépassée.

PS: la photo n’a rien à voir, je l’ai prise pendant une petite balade en forêt dimanche. A la base, je ne suis pas une fille des bois, mais je crois bien que je vais finir par le devenir!

Passe ton bac d’abord!

Comment lui faire comprendre?

Comment lui faire comprendre que:
* Être poli, être aimable, c’est simplement la moindre des choses.
* Participer à la vie de la maisonnée, mettre la table, débarrasser la table, ce n’est pas nous faire plaisir, c’est juste normal.
* Nous faire des crêpes le dimanche, c’est fort sympathique, mais qu’il n’est pas obligé; que ce n’est pas ça qui nous fera lui pardonner ses mensonges, ses absences; que ce n’est pas ça qui nous redonnera confiance en lui. Que malgré tout ça, et bien que cela nous fatigue, on l’aime quand même, et qu’il a sa place à la maison.
* Faire son fier devant ses nouveaux camarades de classe, se penser plus malin qu’eux et les prendre de haut, c’est justement tout sauf malin; et que ça ne dit pas grand chose de lui sinon un certain manque de maturité. Il ne connaît pas les codes de ce lycée de banlieue, il ne connaît pas les vies de ces gars des cités, et arrive là comme un âne, à donner raison à cette image de jeune parigot bobo un brin trop fier de lui.
* Qu’il est intelligent, certes, mais qu’être intelligent, c’est parfois savoir faire profil bas, savoir qu’on ne sait pas et savoir demander de l’aide lá oú c’est nécessaire, pour continuer à avancer en arrêtant de trébucher.
* Que l’année dernière, c’est une chose, une année à mettre entre parenthèses, les aléas de la vie nous autorisant parfois à prendre quelques chemins détournés. Mais que cette fois-ci, ce serait vraiment du gâchis.
* Que jouer les moutons, c’est vrai, ce n’est pas une vie. Mais qu’il ne s’agit pas de ça ici. Que justement c’est de se vie à lui dont il s’agit. De cette année, mais de celles qui vont suivre aussi. De tous ces choix qu’il ne pourra pas faire sinon, de tous ces rêves qu’il ne pourra pas s’autoriser sinon. Parce qu’il en a des rêves, et qu’ils passent tous par cette première étape.

Alors bon sang, Bourricot, grande bourrique, tu veux disserter, sur l’inaptitude des profs, sur l’inutilité de poser tes fesses sur les bancs du lycée, sur les stéréotypes véhiculés par les jeunes de ta classe, sur le fait que « c’est pas juste », que « c’est nul », que « c’est des nazes », que « de toute façon, tout ça tu connais déjà »?

D’accord, Bourricot, d’accord… Mais passe ton bac d’abord! Et on en reparlera l’année prochaine.