Le juste fruit

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Ca fait longtemps que je voulais parler ici de l’association Peuples solidaires. Parce que Peuples so (pour les intimes), c’est une association intelligente, avec des gens intelligents qui proposent des actions intelligentes… qui fonctionnent vraiment. Et ça, c’est pas rien.

La bataille de Peuples solidaires, c’est de défendre les droits humains, et surtout d’aider à se défendre,  ceux qui se battent pour le respect de leurs droits dans les pays dits du Sud. Peuples so accompagne le plus souvent des travailleurs dont les droits les plus simples ne sont pas respectés (conditions de sécurité, conditions sanitaires, non respect des lois locales ou des contrats de travail, salaires indécents, etc.). La première chose que fait l’association, c’est de faire entendre leurs voix, puis de faire pression sur les décideurs, les responsables de ces situations. Pour cela, l’association a développé un outil formidable: les Appels urgents. Ce sont des campagnes de lettres et de mails adressées à des entreprises ou des gouvernements pour exiger d’eux le respect de certains droits fondamentaux. Et ça fonctionne, vraiment. Parce que quand le PDG de Carrefour ou de Disney reçoit des lettres par centaines, des mails par milliers qui font planter sa boîte mail, et qu’à cela s’ajoute une médiatisation de l’histoire, alors ils ont un peu peur de voir écornée leur image, et accepte d’aller regarde d’un peu plus près leurs responsabilités. Le succès n’est pas systématiquement au rendez-vous, mais il y en a eu, et de beaux: Mattel, Adidas, Chiquita… ils sont nombreux à avoir pris le temps de répondre à ces Appels urgents, et à mettre en œuvre des changements au sein de leurs organisations à la suite de ces derniers. Parce que quand on est nombreux à faire entendre notre voix, cela peut vraiment avoir un impact. Et que oui, parfois, une signature peut faire la différence.

PostHomePeuplesSoDernièrement, Peuples solidaires a lancé un Appel urgent pour soutenir les organisations équatoriennes et latino-américaines qui réclament des conditions de travail décentes dans les plantations de bananes du groupe Noboa.

Son nom est peu connu du grand public mais ses bananes « Bonita » inondent nos marchés : Noboa est la 5ème plus grande multinationale de la banane, le fruit le plus vendu dans le monde. L’activité est effectivement lucrative pour son patron multimillionnaire Álvaro Noboa, l’homme le plus riche d’Equateur… mais elle profite beaucoup moins à celles et ceux qui s’échinent dans les plantations. Violations massives des droits, répression syndicale, salaires indécents durent depuis trop longtemps : les organisations équatoriennes et latino-américaines en appellent à la solidarité internationale pour exiger un changement.

>> Pour en savoir plus et signer l’Appel Urgent, il suffit de cliquer ici.

>> Et pour en savoir plus sur Peuples solidaires, c’est par !

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On est tou-te-s solidaires #2 – L’Auberge de la solidarité

Comment parler de solidarité sans vous présenter l’Auberge?

L’Auberge, c’est une véritable auberge espagnole. On y rentre, on y passe, on y invite les copains, on s’y installe, plus ou moins longtemps. On y vient d’un peu tous les coins de France et de Navarre, voire de plus loin. Tant qu’on s’essuie les pieds en rentrant, on y est toujours le bienvenu.

L’Auberge, c’est un peu le dernier salon ou l’on cause. On y cause (forcément), on s’informe, on échange des bons plans, on discute, on débat, on se dispute parfois (ben oui, on n’est pas tous toujours d’accord), on s’épaule, on se conseille, on s’oriente.

Au début de l’histoire, une vingtaine de potes, membres de différentes ONG, décident de créer une mailing list pour échanger autour de leur métier, échanger des idées, partager projets, agendas, offres d’emploi… Depuis, l’Auberge a fêté ses 10 ans (en juillet dernier!). Et aujourd’hui, elle rassemble plus de 7.000 professionnels, d’ONG de solidarité internationale ou d’associations des domaines proches (l’environnement, le secteur social et sanitaire, les Droits de l’Homme, l’économie solidaire, etc.), des responsables développement durable de collectivités et d’entreprises, des journalistes, des étudiants, etc.

Vous l’aurez compris, l’Auberge, c’est un peu le lieu incontournable pour discuter solidarité. C’est tout à la fois un carrefour de rencontres incroyable (on y croise tout autant des responsables de grandes ONG -CCFD, Les Amis de la Terre, Médecins du Monde, Artisans du Monde, etc. que des militants d’associations locales, des étudiants, des journalistes, des professionnels, des bénévoles, des volontaires…), le meilleur des pôles emplois (1456 emplois diffusés!), un espace d’échanges formidable, un lieu de ressources et de conseils inépuisable. Et puis à l’Auberge, il y a des projets fous qui ont vu le jour et qui y ont grandi (Génération précaire y est né fin 2005 par exemple. Il fallait quand même y croire , non?).

Bref, l’Auberge de la solidarité, c’est un peu « the place to be » quand on s’intéresse ne serait-ce qu’un tout petit peu à tout ce qui tourne autour de la solidarité. Alors si ça vous tente, rejoignez donc cet incroyable réseau social! C’est tout simple, il suffit d’envoyer un mail à aubergedelasolidarite-subscribe@yahoogroupes.fr. Parce qu’après tout, plus on est de fous… hein, comme on dit!

On est tou-te-s solidaires! #1 – Femmes en résistance: un magazine qui fait bouger les lignes

On a tous nos propres cercles, nos propres réseaux pour échanger, faire circuler les idées. Mais du coup, les initiatives qu’on a envie de défendre, les idées pour lesquelles on a envie se battre, les projets auxquels on croit, pour peu qu’ils ne bénéficient pas d’une couverture médiatique (ce qui est quand même souvent le cas), restent trop souvent confinés à un milieu un peu circonscrit. Convaincre les convaincus, ça perd un peu de sa force, forcément.

Et c’est bien dommage tout ça, car il y a beaucoup d’initiatives de qualité, portées par des hommes, des femmes, des associations, qui méritent d’être plus connues. Mais voilà, on ne se mélange pas. Difficile de sortir du cercles des initiés.

Quand j’ai ouvert ce blog, c’était aussi avec cette idée derrière la tête: créer des ponts. Essayer d’ouvrir un peu le cercle du petit monde de la solidarité. Parce que les thématiques que l’on y abordent sont avant tout des sujets de société, des thèmes d’actualité, qui nous concernent toutes et tous. Le tout, c’est d’avoir accès à cette information.

Alors voilà, une nouvelle rubrique sur le blog de Solidar’Mum: On est tou-te-s solidaires! (petit clin d’oeil à ça…) Une rubrique pour présenter idées, projets, assos, rencontres, bonnes idées et autres nouveautés du petit monde de la solidarité. Et quand j’en trouverai le temps, peut-être même une page pour compiler tout ça (mais ça, on verra plus tard, hein. Chaque chose en son temps).

Crédit photo Pierre-Yves Ginet

Pour commencer cette nouvelle rubrique, je voulais vous parler du magazine Femmes en résistance que vient de lancer l’association « Femmes ici et ailleurs ».

Femmes en résistanceFemmes en résistance, c’est un magazine papier, trimestriel, pour parler des femmes dans le monde, ici et ailleurs, pour parler de ce qu’elles sont vraiment, au-delà des trop nombreux clichés des magazines dits « féminins », pour parler de leurs luttes, de leurs combats d’aujourd’hui, pour exister, pour faire valoir leurs droits… C’est engagé, c’est militant, mais jamais culpabilisant. C’est surtout très actuel et ça aide à ouvrir les yeux sur le monde, à rester informer sur des sujets trop peu médiatisés ou au traitement souvent biaisé, à maintenir un certain degré de vigilance. Et puis c’est un beau magazine, avec des grands reportages (des photos magnifiques de Pierre-Yves Ginet – si vous avez l’occasion de voir les expos conçues par l’association, foncez!), des interviews, des portraits, des rencontres, des brèves, des articles de fonds. Bref, un vrai magazine, quoi.

Le premier numéro, pour aider à se faire connaître, ils l’ont sorti  en format numérique. Ca permet de se faire une idée de la qualité du projet. Mais les prochains numéros, ce sera uniquement papier. Alors si ça vous plait, abonnez-vous, ça permet aussi de soutenir le projet!

Je vous mets aussi le petit mot de l’asso, parce qu’après tout, c’est eux qui en parlent le mieux!

Avez-vous eu des informations sur la blogueuse syrienne Razan Ghazzawi ? Sur l’avocate chinoise Ni Yulan ? Sur les activités de la maison des femmes de Saint-Martin d’Hères, en banlieue grenobloise, face à la précarité ? Sur la résistance des Congolaises face aux violences sexuelles ? Sur les questions concernant les droits des femmes en France, Belgique ou Suisse ?…

Dans les médias, moins de 24 % de l’information est consacré aux femmes. Et encore, elles sont souvent cantonnées à des thèmes dits “féminins”, quand elles ne sont pas présentées comme victimes. Afin de contrer cette image stéréotypée, l’association Femmes ici et ailleurs, en collaboration avec le photojournaliste Pierre-Yves Ginet, s’attèle depuis dix ans à faire connaître celles qui écrivent l’Histoire de notre temps. Tout en agissant en faveur de l’égalité, diffuser ce type d’informations permet de changer le regard et incite à l’engagement citoyen.

Aujourd’hui, l’association Femmes ici et ailleurs lance le magazine “Femmes en résistance”. Ce trimestriel met en lumière ces femmes, d’ici ou d’ailleurs, anonymes ou connues, qui font bouger les lignes. Dénoncer les atteintes aux droits des femmes, souligner les bonnes pratiques en faveur de l’égalité, révéler les violences et les avancées, qu’elles soient domestiques, économiques ou sociétales, témoigner de la force des victimes qui ont su se relever et s’engager… Telle est  aussi notre démarche.

Et puis sinon, Femmes en résistances, c’est aussi un blog, pour rester informées au jour le jour…

Et pour soutenir l’association, c’est ici!

PS: je précise que je ne suis pas membre de l’association, mais je trouve qu’elle fait un super travail…

Crèche qui se passe?

Aujourd’hui, je relaie un appel du collectif « Crèche qui se passe », parce que la question des places en crèches et plus généralement de la politique de la petite enfance (et de tout ce qui en découle, de la question de l’égalité homme-femme dans le monde du travail, tout ça tout ça…), ça nous concerne toutes et tous, et c’est sacrément important.

Alors pour celles et ceux qui le peuvent, rendez-vous mercredi prochain à Paris (le lieu du rdv sera communiqué sur demande la veille de l’action)! Et pour les autres, n’hésitez pas à relayer!

POUR UN SERVICE PUBLIC DE LA PETITE ENFANCE !
« Faites des gosses qu’ils disaient », on créera un service public de la petite enfance !
Mais aujourd’hui… « #Crèchequisepasse »?
Ce 10 octobre, Mme Dominique Bertinotti, ministre déléguée à la famille, annonçait vouloir un nouveau maillage du territoire pour offrir des solutions d’accueil aux enfants de moins de 3 ans. Le collectif Crèchequisepasse, tout juste créé dans l’attente des suites qu’allait donner François Hollande à ses engagements de campagne, se réjouit de cette démarche, mais s’inquiète de n’y lire aucune précision quant aux choix politiques, économiques et sociaux à l’oeuvre.
Aujourd’hui, 9 bébés sur 10 n’ont pas de place en crèche publique. Si le phénomène n’est pas nouveau, il n’en est pas moins inquiétant pour tous les parents qui en font le choix, tant l’accessibilité à un mode de garde adapté est essentielle pour eux, et souvent pour les mamans, si elles veulent continuer à travailler, créer ou trouver du travail.
Les crèches à but lucratif prennent le marché, des crèches clandestines sortent du bois, les associations parentales se substituent au service public, et les collectivités doivent assumer seules les besoins de trop nombreuses familles sur le carreau. Or la politique de la petite enfance relève d’un véritable choix de société : inégalité homme-femme, articulation entre vie personnelle, professionnelle et familiale mais aussi création d’emplois autour des lieux d’accueil. Tout en respectant les choix de vie de chacun, il convient de s’interroger : doit-on laisser le secteur privé lucratif s’enrichir sur la garde des enfants et soumettre les modes de garde et leur personnel à des critères de rentabilité ?

Le collectif « Crèchequisepasse » revendique la nécessité d’un service public de la petite enfance et invite tous les parents et futurs parents de France à se mobiliser.

Alors crèchequisepasse ? La politique de la petite enfance, on la change ou pas ?

Parents ou pas, avec ou sans place en crèche, rendez-vous mercredi prochain 17 octobre !

! Le lieu sera communiqué sur demande la veille de l’action
Rejoignez-nous : contact@crechequisepasse.org
Nos propositions : http://www.crechequisepasse.org/quiquoi/

1.http://www.parti-socialiste.fr/communiques/semaine-mondiale-de-laction-pour-la-petite-enfance-il-est-temps-de-creer-un-veritable
2.http://debat69.org/Petite-enfance/2-L-economie-de-la-petite-enfance/Economie-de-la-petite-enfance

Convergences?

Allez, je me lance. Aujourd’hui, premier billet « solidarités »…

Ce matin, 8h pétantes, j’étais place de la Bourse à Paris, pour le forum Convergences 2015, dont l’association ACTED est l’un des co-fondateurs. Je ne vous presenterai pas ACTED ici, car je connais bien peu cette ONG et son mode de faire, malgré sa notoriété dans le monde des ONG.

L’idée du forum Convergences 2015, si j’ai bien compris, c’est de permettre la rencontre de tous ces gens qui agissent dans les pays dits « en développement » ou « émergents » ou « du Sud », mais qui n’y agissent pas de la même façon, parce qu’ils n’ont simplement pas le même objectif. On y retrouve donc des professionnels de l’action humanitaire, des entreprises, des acteurs de l’économie sociale (scoop, etc.), qui viennent réseauter et écouter de grands penseurs comme Nicolas Hulot.

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Bon, j’avoue que j’y allais, non pas à reculons, mais en tout cas avec le regard déjà déformé par ma casquette associative. Et que je me gaussais d’avance des discours « green washing » qu’allaient nous servir les entreprises. Et au final, j’ai été plutôt agréablement surprise par la table ronde à laquelle j’ai assisté. Certes consensuelle, avec un Nicolas Hulot très en forme que la modératrice avait du mal à stopper, mais où le PDG d’Unilever, invité pour représenter le monde des entreprises (dans mon monde à moi, si on n’y ajoute pas sociale ou solidaire derrière, c’est quand même un peu un gros mot.), avait le mérite de ne pas faire de langue de bois, et ne se cachait pas que l’Inde et la Chine, ce sont avant tout des marchés intéressants. Bon, maintenant, la réalité de son super plan Développement durable pensé sur 10 ans j’attends de voir.

Enfin, en tout cas, ce que je retiens surtout de cette grande messe, c’est cette magnifique sortie de Rocard (Michel, oui oui, en personne!) qui nous a dit texto: « cessez d’être modestes, soyez ambitieux, soyez prophétiques, soyez doctrinaux! »

Rien que ça! Alors, allons-y les gars, au boulot!